Tue, 31/05/2011 - 13:35
Les inquiétudes sur la sécurité de l'atome, ravivées par le très grave accident nucléaire au Japon, ont poussé l'Allemagne et la Suisse à abandonner ce mode de production d'électricité,
mais la filière nucléaire est loin d'être moribonde en Europe Le club des nations nucléaires en Europe compte quatorze membres de l'Union européenne : Allemagne (17 réacteurs), Belgique (sept), Bulgarie (deux), France (58), Finlande (quatre), Espagne (huit), Hongrie (quatre), République Tchèque (six), Pays-Bas (un), Roumanie (deux), Slovaquie (quatre), Slovénie (un), Suède (dix) et Royaume-Uni (19), auxquels il convient d'ajouter la Suisse (cinq), l'Ukraine (15) et la Fédération de Russie (32). La sortie annoncée de l'Allemagne n'est pas une surprise.
La décision du gouvernement allemand de fermer ses derniers réacteurs en 2022 confirme un calendrier adopté en 2000.
La décision de la Confédération helvétique est plus surprenante, car la Suisse envisageait la construction de nouveaux réacteurs.
Le choix du nucléaire fait également débat en Belgique, avec une sortie planifiée pour 2025, et en Espagne, avec une fermeture des réacteurs arrivant en fin de parcours.
Mais à Bruxelles comme à Madrid, les dirigeants posent la question des conséquences en termes d'approvisionnement. "En cas de fermeture, il faudra importer de l'énergie probablement de France, donc produite par le secteur nucléaire", a souligné le ministre fédéral de l'Energie, le socialiste Paul Magnette.
"L'Allemagne risque de se retrouver avec une politique énergétique très irrégulière", a pour sa part commenté le ministre suédois de l'Environnement Andreas Carlgren, très critique envers la décision de Berlin, car, pour compenser, l'Allemagne va utiliser à plein ses centrales au charbon, qui émettent du CO2. La Suède a décidé de conserver le nucléaire en tant que source d'énergie et a autorisé la construction de nouveaux réacteurs pour remplacer les anciens. Six nouveaux réacteurs sont en construction dans l'Union européenne : deux en Bulgarie, un en Finlande, un en France et deux en Slovaquie avec à la clé une capacité de 16,9 GWe.

